Voici un exercice d’écriture avec une règle simple : faire comprendre quelque chose sans jamais le nommer. Prenons la pluie.
Cette fois, vous n’avez pas le droit d’écrire : pluie — eau — mouillé. Il va donc falloir la faire apparaître autrement.
Vous pouvez regarder ce que font les gens : quelqu’un secoue son manteau dans l’entrée, des chaussures restent alignées près du radiateur, un chien s’arrête devant la porte ouverte et décide finalement de faire demi-tour.
Ou regardez ce qui change autour d’eux : les voitures passent avec un bruit différent, les cheveux collent au front, une gouttière déborde. Tout cela raconte la même chose sans avoir besoin de la nommer.
Périphrase ou suggestion ? Une périphrase remplace un mot par une expression, comme « l’astre du jour » pour « soleil ». Ici, la pluie est plutôt reconnue à ses effets, sans être désignée. Dans Un détail, toute la scène, le même principe permet de faire deviner une émotion.
Vous pouvez recommencer avec d’autres mots interdits :
- raconter un départ sans écrire partir, départ ni adieu ;
- faire sentir l’hiver sans froid ni neige ;
- raconter une dispute sans colère, crier ni dispute ;
- faire comprendre qu’un personnage est amoureux sans utiliser amour ni aimer.
Plus le mot semble indispensable au départ, plus le jeu devient intéressant.