Il faudrait un mot pour ce moment où l’on entre dans une pièce et où l’on oublie immédiatement ce qu’on venait y chercher. Un autre pour la petite déception de découvrir qu’un message reçu n’est qu’une publicité.
Imaginons portoubli pour le premier : n. m. Oubli provoqué par le passage d’une porte, généralement suivi d’un retour vers la pièce précédente dans l’espoir de retrouver son idée.
Ce mot n’existe pas. Il pourrait pourtant rendre service.
Votre définition peut rester très sérieuse, même si le mot ne l’est pas.
frigoïté, n. f.
Fait d’ouvrir le réfrigérateur une deuxième fois alors que son contenu n’a évidemment pas changé depuis la première visite.
Après dix minutes devant son ordinateur, une nouvelle crise de frigoïté l’envoya dans la cuisine.
Le mot commence à exister dès qu’il devient assez précis pour qu’on reconnaisse la situation.
Faites maintenant entrer votre mot dans une petite scène sans en redonner la définition. Un personnage peut l’utiliser comme s’il faisait partie de la langue depuis toujours, et quelqu’un d’autre peut parfaitement le comprendre.
Vous pouvez même laisser deviner son sens par le contexte. Si une personne dit « J’ai encore fait de la frigoïté toute la soirée », le lecteur n’a pas forcément besoin d’un dictionnaire sous les yeux.
Un néologisme est un mot nouveau. Un mot-valise en est une forme particulière : il fusionne des éléments de deux mots, comme « portoubli » formé à partir de « porte » et « oubli ». Mais on peut aussi créer un mot par dérivation ou simplement en inventant une forme sonore.